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Carence en fer chez l’enfant : quoi manger pour aider à remonter les réserves ?

  • 14 mai
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 mai

La carence en fer est l’une des carences nutritionnelles les plus fréquentes chez les bébés et les jeunes enfants. Fatigue, irritabilité, baisse d’énergie, diminution de l’appétit, pâleur… plusieurs signes peuvent amener les parents à se questionner. Et lorsqu’un professionnel de la santé confirme une carence en fer ou une anémie ferriprive, une question revient souvent : quoi faire au niveau de l’alimentation ?


La bonne nouvelle, c’est que l’alimentation peut réellement contribuer à améliorer les réserves de fer lorsqu’elle est adaptée aux besoins de l’enfant. Voici les stratégies les plus importantes à connaître pour soutenir l’apport en fer au quotidien.

Enfant en pyjama rose à pois mange des céréales avec du lait dans un bol blanc sur une table en bois. Ambiance matinale chaleureuse.

Pourquoi le fer est-il si important chez l’enfant ?


Le fer joue un rôle essentiel dans plusieurs fonctions du corps. Il contribue notamment :

  • au transport de l’oxygène dans le sang ;

  • au développement du cerveau ;

  • à la croissance ;

  • au système immunitaire ;

  • à l’énergie et à la concentration.


Chez les bébés et les enfants, les besoins en fer sont particulièrement élevés en raison de la croissance rapide. C’est pourquoi une alimentation insuffisante en fer peut rapidement mener à une diminution des réserves.


Faits étonnants sur le fer chez les bébés et les enfants


Le saviez-vous ?

  • Environ 8 % des tout-petits âgés de 1 à 3 ans présenteraient une carence en fer dans les pays industrialisés. Certaines populations sont encore plus à risque.

  • Les besoins en fer augmentent rapidement durant la première année de vie, particulièrement vers l’âge de 6 mois, moment où les réserves de fer accumulées pendant la grossesse commencent à diminuer.

  • Entre 7 et 12 mois, les bébés ont des besoins en fer plus élevés que plusieurs adultes lorsqu’on compare les besoins à leur petit poids corporel.

  • Les céréales pour bébés enrichies en fer peuvent contenir jusqu’à 45 fois plus de fer que certaines céréales régulières pour adultes.

Âge

Besoins en fer par jour

0 à 6 mois

0,27 mg/jour

7 à 12 mois

11 mg/jour

1 à 3 ans

7 mg/jour

4 à 8 ans

10 mg/jour

Comparaison avec les adultes

À titre comparatif :

  • Un homme adulte a besoin d’environ 8 mg de fer par jour.

  • Une femme adulte âgée de 19 à 50 ans a besoin d’environ 18 mg par jour en raison des menstruations


Cela signifie qu’un bébé âgé de 7 à 12 mois a des besoins en fer presque aussi élevés qu’un homme adulte… malgré son tout petit format !


C’est pourquoi il est important d’intégrer des aliments riches en fer dès le début de l’alimentation complémentaire, que ce soit avec les purées ou la DME (diversification menée par l’enfant).

Quels sont les signes d’une carence en fer ?


Certains enfants présentent peu de symptômes au départ. D’autres peuvent avoir :

  • de la fatigue ;

  • une baisse d’énergie ;

  • de l’irritabilité ;

  • un teint plus pâle ;

  • une diminution de l’appétit ;

  • des difficultés de concentration ;

  • un ralentissement de la croissance.


Un diagnostic de carence en fer ou d’anémie ferriprive doit être confirmé par un professionnel de la santé à l’aide d’analyses sanguines.


Les meilleurs aliments riches en fer


Lorsqu’on souhaite augmenter les apports en fer, il est important de connaître les deux types de fer présents dans l’alimentation.


Le fer héminique : le mieux absorbé


Le fer héminique provient des aliments d’origine animale et est généralement mieux absorbé par le corps.


On le retrouve notamment dans :

  • le bœuf ;

  • le poulet ;

  • la dinde ;

  • le porc ;

  • le poisson ;

  • les fruits de mer ;

  • le foie (en quantité adaptée selon l’âge et les recommandations professionnelles).


Même de petites quantités consommées régulièrement peuvent aider à améliorer les apports.


Le fer non héminique : présent dans plusieurs aliments végétaux


Le fer végétal est un peu moins bien absorbé, mais il demeure très intéressant dans l’alimentation des enfants.


On en retrouve dans :

  • les lentilles ;

  • les pois chiches ;

  • les haricots ;

  • le tofu ;

  • les graines de citrouille ;

  • les céréales enrichies: mon petit truc ici est d'en mettre dans un pot à épices qu'on saupoudre sur tous les aliments de notre enfant! Ça fait un petit plus sans trop se casser la tête! ;

  • les œufs ;

  • certains légumes verts ;

  • le quinoa ;

  • les flocons d’avoine.


L’objectif n’est pas la perfection, mais plutôt d’offrir régulièrement des aliments riches en fer au fil de la semaine.


Le truc le plus important : combiner le fer avec la vitamine C


C’est probablement l’une des stratégies nutritionnelles les plus efficaces.


La vitamine C aide le corps à mieux absorber le fer, surtout le fer d’origine végétale. Ajouter une source de vitamine C aux repas peut donc faire une grande différence.


Voici quelques exemples simples :

  • fraises avec des céréales enrichies ;

  • poivrons dans un repas contenant des légumineuses ;

  • kiwi ou orange avec une rôtie au beurre d’arachide ;

  • brocoli avec du bœuf ou du tofu ;

  • tomates dans une sauce aux lentilles.


Même de petites quantités de vitamine C peuvent améliorer l’absorption du fer.


Attention au lait de vache qui peut nuire à l’absorption du fer


Chez les tout-petits, une consommation excessive de lait peut contribuer à une carence en fer. Le lait remplit rapidement l’estomac, ce qui peut réduire l’appétit pour les aliments riches en fer.


De façon générale, après 12 mois, on vise souvent environ 500 mL (16 oz) de lait par jour, sauf avis contraire d’un professionnel.


Mon enfant prend un supplément de fer : quoi savoir ?


Dans certains cas, l’alimentation seule ne suffit pas et un supplément de fer est nécessaire. Celui-ci doit être prescrit ou recommandé par un professionnel de la santé.


Quelques conseils utiles :

  • offrir le supplément avec une source de vitamine C peut aider ;

  • éviter de le donner en même temps que le lait ;

  • certains suppléments peuvent causer de la constipation ou des inconforts digestifs ;

  • il est important de poursuivre le traitement aussi longtemps que recommandé, même si l’enfant semble aller mieux.


Les besoins varient énormément d’un enfant à l’autre. Il est donc préférable d’éviter l’automédication.


Exemple d’une journée favorisant les apports en fer


Déjeuner

Gruau et céréales de bébé enrichies en fer préparé avec graines de chia + fraises


Collation

Muffin maison aux lentilles et compote de pommes


Dîner

Boulette de pois chiches, quinoa et poivrons rouges


Collation

Houmous avec craquelins et quartiers d’orange


Souper

Tofu sauté avec brocoli et riz


L’idée n’est pas de suivre un menu parfait, mais plutôt d’intégrer régulièrement des aliments riches en fer dans un contexte réaliste et agréable.


Quand consulter ?


Si vous suspectez une carence en fer chez votre enfant, il est important d’en discuter avec un professionnel de la santé. Une évaluation nutritionnelle peut aussi aider à :

  • identifier les causes possibles ;

  • analyser les apports alimentaires ;

  • adapter les repas selon l’âge et les préférences de l’enfant ;

  • soutenir la reprise des réserves de fer.


Chaque enfant est différent, et les stratégies doivent être adaptées à sa réalité familiale et alimentaire.


Si vous avez des questions concernant la carence en fer, l’alimentation de votre bébé ou les repas de votre enfant, il peut être rassurant d’être accompagné. En tant que nutritionniste familiale, je peux vous aider à mettre en place des stratégies concrètes, simples et adaptées aux besoins de votre enfant.

À retenir


La carence en fer chez l’enfant est fréquente, mais plusieurs stratégies alimentaires peuvent aider à soutenir les réserves de fer :

  • offrir régulièrement des aliments riches en fer ;

  • combiner le fer avec la vitamine C ;

  • éviter l’excès de lait ;

  • varier les sources de protéines ;

  • consulter un professionnel lorsque nécessaire.


Une approche simple, progressive et sans pression est souvent la plus durable pour toute la famille.


Références


  • Société canadienne de pédiatrie. Iron requirements in the first 2 years of life.

  • Health Canada. Nutrition for Healthy Term Infants: Recommendations from Birth to Six Months.

  • World Health Organization (WHO). Iron deficiency anaemia: assessment, prevention and control.

  • American Academy of Pediatrics. Diagnosis and Prevention of Iron Deficiency and Iron-Deficiency Anemia in Infants and Young Children.

  • Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Alimentation des nourrissons et des jeunes enfants.


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